L'Argus bleu s'est posé, fatigué ;
Sept lieues il a tout seul traversé.
Le soleil a chargé ses batteries
Pour qu'il puisse poursuivre sa courte vie.
Une ombre menaçante lui fait peur,
Il a pensé à un prédateur
Mais ce n'était que mon destrié,
Mon irremplaçable cheval ailé.
Il bat des ailes, l'allure fière
Puis me pose dans une clairière.
Je lui dit de me laisser,
Plus tard je le rappellerai.
J'ai rendez-vous à midi
Avec l'amour de ma vie.
Je le rejoins dans le pré
(Pour mon cheval il ne sait).
- - -
Tu es mon astre solaire,
Olivier tu me confères
Une étincelle de bonheur,
Elle embrase chaque fois mon coeur.
Nous tourbillonnons, lumineux,
Ayant gagnés l'aval des cieux.
Dans la plaine poussent quelques guimauves,
Des gentianes bleues et autres mauves.
L'Argus bleu est là, il s'est arrimé
A la fleur d'un arbre à papillons et
Il se désaltère sous l'air lourd d'été.
Ce nectar est bon à se damner !
Croques avec sensualité
Cette fraise remplie de volupté,
Laisse t'enivrer son goût sucré,
Sens la pulpe ta langue caresser.
- - -
J'ai rendez-vous à la minuit
Et toutes mes espérances aussi.
Je le rejoins au bord de l'eau,
Les sentiments à fleur de peau.
Tu es mon astre lunaire.
Chère âme, tu ne cesse de plaire
A ma tête, mon corps, mon coeur
Et tu annihiles mes peurs.
Tu te tiens, le teint marmoréen
Sous les rayons pâlots diluviens
Que la lune déverse sur nous deux,
Nous auréolant, mais juste un peu.
L'Argus bleu me semble irréel
Dans l'axe de la lune si belle.
Le papillon cherche l'endroit
Propice où il se reposera.
Connais-tu les arcanes de l'amour ?
Une fois initié, c'est pour toujours.
Ne ris pas de moi ; je peux jurer
Que le romantisme n'est suranné.
- - -
Tu es mon amour planétaire,
Mon plus grand trésor sur cette terre.
Minuit est passé, il est temps
D'entrer dans l'eau dès maintenant...
Si nous devons nous revoir un jour:
Si nous devons nous revoir un jour
Au coin d'une rue ou sur une avenue
Peut-être renaîtra ton amour
Peut-être te portera-t-il aux nues ?
J'ai confié ma peine aux fleurs,
Elles m'ont embaumées le coeur.
Mon cri s'est perdu dans le vent
Et je suis là que je t'attends.
L'amour m'a soufflé aux points cardinaux,
Semé à tous vents ; j'ai bu beaucoup d'eau
Mais les toxines amoureuses sont restées
Comment de toi pourrais-je me purifier ?
Aucune médication ne t'éradique de mon corps,
Je préfère me laisse aller à mon triste sort.
Aucun élixir d'oubli ne t'efface de ma tête,
Tu restes le seul et l'unique but de ma longue quête.
Olivier, tes pensées vont-elles me dessiner ?
Ton coeur va-t-il battre plus fort à ma pensée ?
Tes rêves enchantés vont-ils de moi se peupler ?
Auras-tu au moins l'envie de vers moi marcher ?
Si nous devons nous revoir un jour
Dans un parc ou dans une chambre noire
Laisseras-tu te consumer l'amour ?
T'en iras-tu ou resteras-tu tard ?
Chronique d'une fin attendue:
Sur les rives de son lac bavarois
La mort est venue frapper, déjà.
Elle n'était encore qu'une enfant
Alors qu'arrivait le néant.
Puis, lord d'une chaude journée d'été
(Ou de l'horreur d'une destinée),
Le coup de foudre d'un Empereur a fait
D'elle ce qu'elle ne s'imaginait.
Malgré l'amour dans leurs yeux
Ils ne sauront être heureux
Que lors de quelques moments,
Les plus tristes apparemment.
Belle Madonne au charme à l'apogée
Tu n'peux rien contre tes enfants volés
Ni contre cette anorexie et
Cette mélancolie qui t'ont brisée.
Mais même si l'intérieur se fragmente,
A l'extérieur tu es rayonnante
Et tous ceux que tu croises, subjugués,
Ne peuvent démentir ta grande beauté.
Et voilà que tu as trouvé une chose
Pour laquelle ta vie vaudra quelque chose.
Tu deviens "la belle Providence" de là
Où vivent les irréductibles hongrois.
1867. Le compromis,
Couronnement de tous les efforts founit.
Tu reçois la couronne par Andrassy,
Te voilà Reine du plus beau des pays !
Ici, plus d'Elisabeth,
Tu es devenue Ezsébet.
Le peuple magyar t'acclame
Et toujours vivra cette flamme.
Mais voilà que la vie redevient fade
Alors se multiplient des escapades.
L'Impératrice et Reine est Amazone,
C'est à cheval qu'elle parcours le royaume.
Son tour de taille est sans appel
Aucune femme ne peut faire mieux qu'elle.
Elle plonge dans Heine et la poésie
Et de plus en plus elle versifie.
Puis soudain, à Mayerling, survient la mort
Voilà que le seul fils, l'héritier, est mort.
C'est une fois de trop, elle restera
En noir jusqu'à c'qu'elle disparaîtra.
Voilà qu'elle devient la Mater Dolorosa
A partir de maintenant, sans cesse elle voyagera.
Ainsi commence l'odyssée de l'Impératrice.
Elle sillonnera l'Europe, silhouette fine et triste.
Son ombrelle et son éventail
La masque car elle n'est de taille
A affronter tous les regards.
Elle s'isole de ce monde, si pâle.
Cette Impératrice anarchiste
Préfère de loin les Républiques.
C'est pour ça qu'elle aime tant la Suisse,
Qui sera sa dernière visite.
L'attente de la fin c'est si long.
A quoi bon vivre sans raisons,
Sans rien qui peut nous retenir ?
C'est tentant d'enfin en finir.
10 septembre 1898.
Si belle Madonne, ce fut ta dernière nuit,
Car pour cet homme, Luigi Lucheni,
Il faut qu'un grand de ce monde perde la vie.
Il n'avait pas pensé à toi, mais voilà
Que la proie qu'il avait choisie ne vient pas.
Dans le journal, on annonce ton arrivée,
La victime change de nom, pas la destinée.
Le bateau va partir, il faut se dépêcher.
La grande et noire silhouette n'est accompagnée
Que d'une dame de compagnie. Elles avancent, pressées,
Sans savoir c'qui est en train de se préparer.
Sur le quai, on se hâte, mais un homme
S'approche de l'illustre personne.
Il la percute et l'atteint au coeur
Et elle tombe, non sans une douleur.
Il s'enfuit mais on le rattrapera.
Son poinçon fait main il le jeta.
L'Impératrice se relève, choquée.
Que voulait donc l'homme qui l'a cognée ?
Elle croit que sa montre il voulait voler.
Elle remercie les gens venus aider.
Remise du choc, elle se met à marcher.
Elle ne saura qu'on l'a assassinée.
Quand elle parvient sur le pont du bateau,
Elle s'évanouit sous le ciel si beau.
On l'allonge donc mais il fait une chaleur
Qui n'risque sûrement pas d'aider le coeur.
On apprend que c'est l'Impératrice.
Le bateau, qui doucement s'en va,
Doit faire demi-tour, et au plus vite.
Sur on brancard la Reine on posa.
Elle a reprit connaissance quelques instants
Avant de pour de bon rejoindre le néant.
Elle gémit, inconsciente ; on la ramène à l'hôtel
Où elle expirera sans s'en rendre compte ; belle, si belle...
Eljen Erzsébet Királyné !
La fleur de l'amour:
Le soleil nous a vu prendre congé
De la ville bourdonnante aux gens pressés.
Dans l'air flottait le parfum de l'été,
Nous sommes partit humer les fleurs des prés.
Le sourire aux lèvres, l'amour dans la tête
On profite de cette escapade. Peut-être
Cette journée durera-t-elle l'éternité ?
Je ne veux rompre le charme de cette journée.
Le coquelicot, la rose, le myosotis
Nous ont vu passer et ils se sont dit
Que l'amour ne pouvait être plus beau.
Nous nous arrêtons au bord d'un ruisseau.
L'eau est rafraîchissante. Elle glisse sur toi,
Cela remue certaines choses tout en moi.
On marche à nouveau, je vois des bleuets;
Je repense au temps où enfant j'étais.
Mais cette soudaine nostalgie est chassée
Par la traînée ocre qui le ciel strie et
Nous profitons de ce si beau moment
Pour nous embrasser des plus tendrement.
Le crépuscule tombe ; la lune s'est levée,
Elle veille sur nos corps pour nous protéger.
Tes paupières se closent sur ton doux regard
Je me lève et doucement pars au hasard.
Je passe les arbres, les animaux nocturnes,
Je cherche la fleur qui ferait ma fortune
Parce que sa principale propriété
Est d'insuffler l'amour d'éternité.
Après plusieurs heures, je peux être fier
D'avoir, à la faveur de l'astre lunaire,
Trouvé la fleur qui fut tant convoitée.
Je peux retourner près du coeur aimé.
La fleur, si rare, semble faite d'étrangetés
Car ses fins pétales ne cessent de briller.
Olivier, au creux des bras de Morphée,
Innocent, ne fait que doucement rêver.
Endormit, vulnérable, il est touchant.
Près de lui, je me mets sur mon céans.
Je regarde la fleur dont le bleu nectar
Saura remuer l'amour de toutes parts.
J'incline la fleur sur les paupières fermées,
Une goutte vient perler puis se laisse tomber.
Le nectar bleu glisse et la peau lisse et
Sur les fins cils il va s'agglutiner.
Une fois les deux paupières ensorcelées,
Je sais qu'Olivier l'est, je peux jeter
Au loin la fleur de l'amour et je peux
Donc enfin me coucher, fermer les yeux...
Pleurs sur Paris:
Mes pleurs ont lavés les avenues de Paris
Tu t'es protégé, muni d'un parapluie.
L'eau salée a roulée jusqu'aux caniveaux
Là où seuls les sacrifices se trouvent être beaux.
J'ai tant et tant pleuré
Que mes glandes lacrymales ont séchées,
Elles se sont atrophiées.
Mes yeux rougis ne cessent de piquer.
Je t'ai vu sur les Champs-Elysées
Tu n'as pas daigné me regarder.
A ton bras, une intrigante payée.
Cette garce au Diable je l'ai envoyée !
La vision de Paris s'étrangle
En une spirale étanche, étrange.
Je me revois alors petit
Lorsque j'aimais toujours la vie.
Des flash-back s'emparent de mon esprit
Et me ramènent au temps qui a fuit.
Je me revois chez ma grand-mère, dimanche matin
On s'amusait, l'insouciance primait, mais demain...
Pour la journée "portes ouvertes" de l'école on faisait
Un spectacle avec une chorégraphie et c'était
Toujours très amusant et je ne m'imaginais
Pas une seconde dans un futur où plus rien n'irait.
A cet âge là, on est innocent, on ne sait pas
Qu'un jour tout peut basculer mais cela n'empêche pas
Que cela se fasse et je ne comprends toujours pas
Comment il se fait que tout ai pu changer comme ça.
Mais qu'importe car il est torp tard
Pour changer ce qui fait l'histoire
De notre vie. Même dans le noir
On n'peut semer son désespoir.
A cette époque, je n'aurais pu me douter
Q'un peu plus loin grandissait un Olivier
Et qu'un jour nos deux routes viendraient se croiser,
M'apportant l'Amour et la peine prolongée.
Le rire de mon enfance s'est muté
Dans la peine qui ne peut me quitter.
Comment étais-tu toi Olivier ?
Qu'on se connaisse enfant j'eus aimé.
Mais cela n'eut rien changé
Car je ne pouvais imaginer
Un jour un homme préférer;
Cela était juste hors de pensée.
Cependant c'était là, latent, au fond de moi
Et toute son expression est venue avec toi.
A présent je ne peux rester sourd à mon coeur
Et ce dernier me dit que tu es le bonheur.
Mais pas de chance, ton coeur dit autre chose,
Je ne dois attendre entre nous l'osmose.
Néanmoins, j'espère bien qu'un jour prochain
Tu seras prêt à me prendre la main.
Les pleurs cessent mais la grisaille surplombe Paris
Tu viens de jeter au loin ton parapluie.
Au pied de l'obélisque nos yeux se confluent
Tu ne dis mot mais mon amour s'accentue...
Enfant du soleil:
Je suis un enfant du soleil,
Mon père illumine tout le ciel,
Je suis né par un arc-en-ciel,
Mon coeur est fait d'amour, de miel.
Au pied de l'arc-en-ciel j'ai atterri,
Je vois mon père qui brille dans l'infini.
De ses rayons il me caresse, je sais
Qu'il saura toujours tout de mes méfaits.
Je marche sous le soleil de Paris
Eclats de verre, de pierre et de vert.
Sous le ciel azur non définit
Je rencontre mon insoupçonné frère.
Mon âme est un puit de lumière,
Celle que m'a transmit mon cher père.
Mais on se corrompt loin du ciel,
J'ai maintenant dans le coeur du fiel.
Je suis un amant de la lune
Dans sa lumière je touche les dunes.
C'est toujours dans l'éther encré
Que se jouent les émois sucrés.
Près de l'eau chatoyante
Est une surface miroitante.
L'éclat de lune se jette
Dans les surfaces tant offertes.
Miroir, miroir au bord de l'eau
Quel est le reflet le plus beau ?
"Celui où toi et Olivier
Venez ensemble pour parler."
C'est toujours sous l'astre mort
Que nous mêlons nos deux corps.
Aussi, quand l'aube ouvre les yeux
Nous ne sommes plus à portée d'yeux.
Tu es un enfant du soleil
Même si toi ce n'est pas pareil.
Tu as dans ton coeur miel et fiel
Et tu détestes les arcs-en-ciel.
Quand l'astre de feu nous épie,
Nous vaquons chacun à notre vie
Car il ne doit jamais savoir
Ce que nous faisons tous les soirs.
Un papillon bleu se pose sur le bout de mon nez,
Il a sentit le vide que la séparation créée.
Le cours du temps semble suspendu à Paris
Eclats de lumière, d'architecture et de vie.
Nous sommes des enfants du soleil,
Nous nous aimerons pour l'étrenel.
Le turquoise céleste nous sépare
Qu'importe ! Nous attendons le soir...



