Le portail
La pluie tombait avec force,
Faisant ployer les belles fleurs.
Du jardin j'ouvris la porte,
Mêlant la pluie à mes pleurs.
Le ciel grisâtre s'étendait
Jusqu'au bout de l'horizon,
Même ma peine il englobait
Mais ce lors de chaque saison.
Soudain, j'aperçus un lapin,
Il bondit de sous un sapin.
Il était blanc comme la sainte neige,
D'un blanc à faire pâlir Blanche-Neige !
Pressé, il écrasa mes fleurs,
A moins que ce ne soit de peur ?
Vraiment mécontent, je criai
Et fit le lapin sursauter.
Je crus l'entendre marmonner,
Dans son blanc pelage, « Désolé » !
Il disparut un peu plus loin,
Derrière des buissons et sapins.
Sans savoir pourquoi, j'avançai,
Me sentait un peu ridicule.
Après dix minutes, j'arrivai
Dans une belle clairière minuscule.
La pluie roulait sur mon visage.
Personne n'était dans les parages.
Je vis juste, contre un très vieil arbre,
Un miroir entouré de lianes.
Ses reflets d'argent m'attiraient,
Sa forme en c½ur me perturbait.
Je t'entendis crier mon nom.
Puisque tu n'm'aimes, je n'te réponds.
J'approche doucement ma main du miroir
Et la sensation tactile est tiède.
Subitement, je traverse le miroir
Tandis que pénètre en moi le tiède.
Me voilà dans une pièce circulaire,
Derrière moi, le miroir est comme pierre.
Autour de moi, je vois des passages ;
Des ondulations vrillent leur surface...
A suivre...
Le 30 avril 2006
Malice in Wonderland (2ème partie)
Chemins et sourires sans visages
Dans quel passage vais-je aller ?
Pourquoi ne puis-je reculer ?
A travers un des passages
Je vois une nature sauvage.
Je tourne pour voir par une autre surface
Un petit chemin s'en allant au loin.
Je pose alors ma main sur la surface,
La traversant, allant ainsi plus loin.
En avançant sur le chemin, je vois,
Une affiche sur un tronc d'arbre épinglée.
On y parle d'une partie d'croquet, et moi,
Y suis, de m'y présenter, obligé !
Il est écrit que la Reine de C½ur
Insiste à m'y voir à diz-sept heures
Et que si je ne m'y rends pas,
Alors la tête on me coupera !
En avançant encore, me voilà arrivé
A un carrefour où chemins partent de tout côtés.
Les flèches d'indications sont effacées.
Effectivement, dessus, rien n'est gravé.
De quel côté dois-je me diriger ?
Par quel moyen puis-je m'y retrouver ?
C'est alors qu'un rire emplit l'endroit
Mais je ne vis personne près de moi.
Dans l'air apparut un sourire,
Dès lors je me sentis frémir.
Quel est donc cet endroit étrange
Où rien ne semble avoir de sens ?
« Un des chemins te mène à du thé,
Un autre t'emmènera parmi les prés,
Un troisième te mènera à un château,
Un quatrième t'enverra près de l'eau. »
La bouche flottante avait parlée !
« Mais quant aux autres directions,
Tu n'auras pas d'informations. »
Le sourire s'effaça, figé.
A quoi bon rimait tout cela ?
Lequel des chemins mène à quoi ?
Je ne sais vers lequel tourner .
Dans quelle direction vais-je aller ?...
A suivre...
Le 3 juillet 2006
Malice in Wonderland (3ème partie)
Le kangourou noir
Prenant à droite, je m'aventure
Un peu plus loin dans la nature.
Le chemin me mène à un pré,
Je regarde de tous côtés.
J'erre entre les herbes et les fleurs,
Cet endroit me réjouit le c½ur.
Mais soudain se dresse devant moi
Un kangourou au pelage noir.
« Vous vous promenez dans mon pré. »
Dit le kangourou outré.
« Je me suis juste égaré. »
« Ca m'est égal, c'est mon pré ! »
« Voilà bien un égoïsme marqué. »
« Si cela vous dérange, alors partez. »
« Mais je vous laisse, je vous laisse. Vous n'êtes pas
Quelqu'un qui mérite d'avoir une visite. »
« Mais que je suis en retard ! Pauvre de moi !
Je n'ai pas une seule seconde à perdre. Vite ! »
J'aperçu plus loin le lapin blanc
Qui sautillait tout en marmonnant.
Laissant l'inhospitalier kangourou,
Je cours mais me trébuche dans un p'tit trou.
Je perds du temps, le lapin avance,
Je me relève et puis je m'élance.
J'arrive au carrefour et je vois
La lapin prendre une autre voie.
Je ne puis le rattraper
Et je me fais distancer.
La lapin blanc a disparu.
Je m'assieds par terre, résolu.
Mais où donc se trouve le château
Car je dois m'y rendre bientôt ?...
A suivre...
Le 26 septembre 2006
Malice in Wonderland (4ème partie)
La croisée des chemins
Je ne sais quel chemin prendre,
Qui pourrait me rendre confiance ?
Un sourire se dessina
Et le chat me salua.
« Prenez ce chemin là
Et vous arriverez là
Où vous voulez aller,
A votre tasse de thé. »
« A ma tasse de thé ?
Non, vous vous trompez ! »
Mais le chat disparu
Dans le vent soufflant dru.
Je partis, écoutant
Ce drôle de chat errant.
Le sol est poussiéreux
Dans ce monde prétentieux.
Mes pensées retournent vers toi
Que j'ai laissé tout là-bas
De l'autre côté du magnifique miroir
Avant d'entamer mon aventure du soir.
Devant moi s'étale
Un banc de pétales
Poussé par le vent
Qui m'est attirant.
Le château s'élance
Vers les cieux clairs.
Et moi je m'élance
Pour ne déplaire...
A suivre...
Le 26 décembre 2006
Malice in Wonderland (5ème partie)
Le château
Une double porte en forme de c½ur
M'invite à pénétrer le c½ur
De ce château bien mystérieux
Mais sans contestes majestueux.
Je pénètre le sanctuaire
De cette longue aventure d'enfer
Et vois quelques cartes s'affairer
Entre les arbres et les fourrés.
Dans cet immense jardin magnifique
Règne la personne la plus maléfique.
Je ne sais par où me diriger
Et vais donc vers la fontaine dorée.
S'y baignent quatre flamants roses,
Entourés de lauriers-roses.
Je vois des brumes les paupières closes,
Aurais-je pu subir une narcose ?
J'entends des voix, alors j'ose
M'avancer mais je m'oppose
A m'exposer car une pause
Satisferait mes névroses.
Ce cher lapin blanc j'en ai ma dose ;
Il a chopé la myxomatose.
Les voix viennent de derrière le bosquet,
Ce que j'entends me paraît suspect...
A suivre...
Le 20 janvier 2007
Malice in Wonderland (6ème partie)
Les fous et le thé
Je contourne le petit bosquet,
Apercevant les deux suspects
Attablés à une table sans fin,
Parlant, buvant avec entrain.
Je m'approche et un Chapelier
Engloutit d'une traite sa tasse de thé.
En face de lui, un Lièvre gris
Lève les yeux vers moi et me souris.
Avec un "bonjour", je les ai harangués.
Le Chapelier tire une chaise, je m'assied.
"Désirez-vous une tasse de thé ?"
"Hum... D'accord, je veux bien. Allez."
C'est dans une tasse trouée
Que l'on me verse le thé.
"Mais, voyons, cette tasse est trouée !"
"Comment osez-vous critiquer !"
"Vous êtes excessivement mal poli"
Me dit, offusqué, le Lièvre gris.
"Et nous qui vous avions invités !"
S'exclama, outré, le Chapelier.
"Si cela ne vous plait pas,
Nous ne vous retenons pas !"
"Vous n'êtes qu'un humain aigri !"
Me cracha le Lièvre gris.
Je ne sais que dire à ces gens.
Il me faut partir, je le sens.
"Où puis-je trouver la Reine de Coeur ?"
"Suivez donc les cris, pauvre fou !"
"Vous savez, vous ne me faites peur !
Et si quelqu'un est fou, c'est vous !"
Le Lièvre gris et le Chapelier
Se levèrent pour changer de place, fâchés...
A suivre...
Le 17 mars 2007
Malice in Wonderland (7ème partie)
La Reine de C½ur
Non content d'avoir quitté
Ces deux fous là et leur thé
J'avançai, sans trop savoir
S'il me restait de l'espoir.
J'avais été invité par la Reine
Et il m'avait fallu beaucoup de peines
Pour atteindre le château, les jardins ;
Peut-être cela était-il à dessein.
Au détours d'un bosquet
Où roses poussent en bouquets
Un choc me jette au sol,
Des oreilles contre le col.
Le Lapin blanc s'excusa, étourdis
Et sur ses deux pattes il se remit.
« Je suis en retard pour la partie d'croquet !
Venez avec moi où nous sommes faits ! »
Je le suivis puisqu'il semblait
Etre l'aide que j'attendais.
Derrière un gros massif de fleurs
M'apparut la Reine de C½ur...
A suivre...
Le 2 avril 2007
Malice in Wonderland (8ème partie)
La partie de croquet
« Ah ! Voici les retardataires ! »
Clama la Reine à l'allure fière.
« Nous voilà, nous voilà ! Nous sommes là ! »
Dit le Lapin en hâtant le pas.
« Alors, que la partie commence ! »
Le jeu d'cartes avec obéissance
Se dissémina tout autour
Formant ainsi du jeu le parcours.
L'on me remit un flamant rose
Et il me regarda, morose:
« S'il-vous-plaît, ne me blessez pas,
J'ai assez donné, croyez-moi ! »
Un hérisson roula à mes pieds.
C'est lui que je dois éjecter.
La Reine commença et visa,
Une carte pour elle se déplaça.
Mais quand moi je visai
Les cartes ne bougèrent pas.
Comment donc arriver
A quelque chose comme ça ?!
Mon flamant rose se met à s'agiter.
La Reine joue ; les cartes se sont déplacées.
C'est à moi, j'tape, mon hérisson décolle
Et va percuter la Reine qui s'affole.
Mon flamant rose s'est échappé,
Dans les cheveux d'la Reine il va
Se poser et les agripper
Donc je ne donne pas cher de moi !...
A suivre...
Le 27 mai 2007
Malice in Wonderland (9ème partie)
Les conseils du Paon
Je cours, je cours, haletant,
Parterres et haies je fends.
J'entends crier à tue-tête
Et des « Qu'on lui coupe la tête ! »
Je débouche soudain dans un p'tit jardin
Duquel part toute une série de chemins.
Au centre se tient un magnifique Paon
Il fait la roue et moi je perds mon temps.
« Cela fait beaucoup de temps
Que j'n'ai vu d'étrangers. »
« Aidez-moi, monsieur le Paon
Car je dois vite m'échapper. »
J'entends les cris se rapprocher
Et la Reine de C½ur s'égosiller.
« Vous me semblez juste, bon et
Innocent. Je vais vous aider. »
« Prenez ce chemin, il mène à la sortie ! »
« Oh merci beaucoup. Vous me sauvez la vie ! »
Je cours, je cours, me pressant,
Toujours les autres devançant.
J'aperçois la porte de verre
Pour rallier la pièce circulaire.
Il me faut me dépêcher
Où l'on va me rattraper...
A suivre...
Le 27 mai 2007
Malice in Wonderland (10ème partie)
Tourbillon et retour au portail
Par où dois-je aller ?
Comment donc rentrer ?
Je regarde de tous côtés,
Quel passage dois-je donc emprunter ?
Un vertige s'empare de moi ;
Un tourbillon s'impose à moi.
La Reine, les cartes ; sont tous là,
Même les deux fous courent après moi.
Il me semble voir un toucan
Surgir du néant un instant.
Près de moi passe le lapin blanc,
Un d'mes rares alliés, finalement.
« Attrapez cet énergumène !
Et surtout coupez lui la tête ! »
Tout s'anamorphose en cascade,
J'suis en apnée comme en noyade.
Je tombe soudainement sur de l'herbe,
Je n'entends plus les cris acerbes.
L'herbe est humide et la grisaille
M'enserre, me tient comme en tenaille.
Je me lève et vois derrière moi
Le miroir en c½ur et ses lianes,
Toujours posé contre le vieux bois,
Dont des reflets d'argent émanent.
Dans cette scène poétique et si belle
Je me sens comme part de l'éternel.
Vais-je rentrer pour te retrouver,
Ou m'as-tu par trop écorché ? ...
Fin
Le 28 mai 2007








